Michel II CORNEILLE dit CORNEILLE le Jeune (Paris, 1642 – id., 1708)
Michel II Corneille (Paris, 1642 – id., 1708), est reconnu de nos jours comme l’un des peintres d’histoire majeurs de l’école française à la fin du règne de Louis XIV. Malgré l’absence de monographies, il est avéré que cet artiste qui deviendra proche de Pierre Mignard participa aux plus grands chantiers de son temps. Ce fut d’abord, en 1670-72, le décor du Salon de Mercure des Grands Appartements du Château de Versailles (in situ), puis, en 1688, celui du Grand Trianon (également in situ). En 1702-1703, Michel Corneille décora encore la chapelle Saint-Grégoire de l’Eglise royale des Invalides (connu par la gravure et par des esquisses réapparues récemment sur le marché de l’art). L’artiste fut également l’auteur de grands tableaux pour les églises tel La Vocation de saint Pierre et saint André, May de Notre-Dame de 1672 (Musée d’Arras), L’Assomption pour le maître-autel de Notre-Dame de Versailles (in situ) ou encore La Fuite en Egypte pour l’église Saint-Nizier de Lyon (aussi sur place). Citons également le rôle de premier plan joué par Corneille lors du remplacement de Colbert par Louvois. Il sélectionna les modèles et sujets à transcrire pour la tenture dite des Sujets de la Fable. Le superbe Jugement de Pâris, qui est une adaptation peinte de l’estampe de Raimondi d’après Raphaël (Lyon, Musée des Beaux-arts), s’inscrit dans ce cycle de tapisseries. Au-delà de ces ensembles à caractère décoratif, Michel II Corneille fut l’auteur d’un nombre considérable de dessins. La majeure partie d’entre eux dérive en fait de modèles, essentiellement bolonais, lesquels sont étroitement liés aux travaux que Michel II Corneille avait réalisés pour le grand amateur d’art Everhard Jabach. Vers la fin des années 1660, celui- ci avait demandé à un groupe de jeunes artistes, dont Michel Corneille, de retoucher ses dessins de maîtres, l’intention étant de mieux les vendre aux collections royales (ce qui advint en1671). L’artiste semble avoir cherché à étendre le concept, créant par lui-même des croquis évocateurs de ceux des Carrache ou de Giulio Romano. C’est dire que dans le domaine du tableau de chevalet à proprement parler, les témoignages de Michel II Corneille restent en tout petit nombre (et c’est la différence majeure avec Charles de La Fosse ainsi que les frères Bon et Louis de Boullogne, ses contemporains). Dans le domaine du Nouveau Testament, on ne peut guère citer qu’un Repos de la Fuite en Egypte (Louvre), deux versions de La Vierge à l’enfant avec saint Jean-Baptiste (Musée d’Angers et Musée de Chambéry), un Christ chez Marthe et Marie (Boughton House, Northamptonshire, Grande Bretagne), une Sainte Famille (commerce d’art en 1998) et un Saint Jérôme (Musée d’Orléans). Dans le domaine mythologique, on peut citer deux Bacchanales (Musée de Grenoble et commerce d’art), l’Ancien Testament n’étant représenté que par un Moïse sauvé des eaux (récemment en salle de vente).
NOTRE SELECTION
Une œuvre majeure redécouverte
Michel II CORNEILLE (Paris 1642 - 1708 Paris)
Loth et ses filles


